Première des matières premières consommées après l'air et l'eau, les sables et graviers servent à construire les maisons où nous vivons, les bâtiments où nous travaillons, les écoles, les hôpitaux, etc. Ils sont aussi indispensables à la construction des routes, trottoirs, places publiques, voies ferrées, zones industrielles, etc. Extraits dans une carrière, ils sont utilisés sur ces chantiers du bâtiment et des travaux publics soit en l’état, soit transformés en béton ou en enrobés. A la sortie de la carrière, ils sont donc transportés par camion, bateau ou train, directement vers les chantiers ou vers les usines de transformation. Dans les centrales à béton ou les usines de préfabrication, les granulats sont mélangés à du ciment et à de l’eau (1/3 de granulats, 1/3 de ciment et 1/3 d’eau) pour produire du béton prêt à l’emploi, et des produits préfabriqués en béton (parpaings, tuyaux, bordures de trottoir, planchers en béton…). Dans les centrales d’enrobés, ils sont mélangés à du bitume pour fabriquer des enrobés qui forment la couche de surface des routes. A l’échelle de la France, il faut produire chaque jour environ un million de tonnes de granulats pour répondre aux besoins de la construction, soit l'équivalent de 20 kg par personne.
On dénombre 2 700 carrières de granulats en France, soit en moyenne environ 30 par département. La production d’une carrière peut varier de quelques dizaines de milliers de tonnes à plusieurs millions de tonnes par an. Dans la grande majorité des cas, les carrières approvisionnent le marché local de la construction. Il s’agit parfois d’alimenter de gros chantiers (du type TGV). Mais la plupart du temps, c’est pour une multitude de chantiers de plus petite taille, dispersés sur le territoire, que les carrières travaillent : réfection de routes rurales, construction d’un lotissement ou d’une zone industrielle, etc. Elles livrent leurs matériaux directement sur ces chantiers ou à des centrales de béton prêt à l’emploi et d’enrobés qui les approvisionnent. Les sables et graviers sont des matériaux peu onéreux et très lourds (1 mètre cube pèse 2 tonnes !). Le coût du transport représente donc une part importante du prix du produit livré. Plus la carrière est éloignée du chantier, plus l’impact sur le prix payé par le client, souvent des collectivités locales, va croissant (le prix d'achat double tous les 50 km). De plus, le transport des matériaux induit un impact sur l’environnement. Pour ces deux raisons, il est préférable que les carrières tissent un maillage assez dense sur le territoire. Beaucoup de carrières de taille petite ou moyenne produiront des matériaux moins chers dans un plus grand respect de l’environnement qu’un nombre réduit de plus grosses carrières.
Peut-on réduire le nombre de carrières en France et approvisionner le marché avec des produits importés ? Si l’on ne veut pas voir nos routes envahies par des norias de camions et les prix des matériaux grimper, seules les régions situées à proximité immédiate des voies fluviales ou des réseaux ferrés ouverts au fret peuvent être alimentées par des matériaux venant d’ailleurs.
Les produits issus du recyclage peuvent-ils remplacer les matériaux extraits ? Les granulats recyclés et matériaux assimilés représentent déjà près de 25 % des besoins de la construction. Le développement du recyclage est possible, sous réserve que certaines conditions soient réunies. La marge de progrès estimée par les professionnels du secteur s’élève à 20 millions de tonnes de granulats recyclés par an, ce qui reviendrait à plus que doubler l’activité des plates-formes de recyclage (qui traitent aujourd’hui 15 millions de tonnes). On est toutefois bien loin de satisfaire ainsi les besoins du secteur du bâtiment et des travaux publics… L’extraction dans les carrières devra continuer à produire plus de 400 millions de tonnes par an.
Comment un carrier obtient-il l’autorisation d’exploiter ? Les autorisations d’exploiter sont accordées par le Préfet. L’arrêté préfectoral précise bien sûr les conditions de l’exploitation, mais aussi les engagements à respecter en matière de réaménagement. L’autorisation d’exploiter est accordée pour une durée limitée : généralement 10 à 15 ans. La procédure pour obtenir cette autorisation dure environ 5 ans, en incluant la phase de préparation du dossier. Une fois que l’exploitant a élaboré son projet, consulté les parties prenantes, réalisé les études préalables - notamment les études environnementales requises -, il soumet son dossier de demande d’autorisation. La procédure administrative se déroule en plusieurs étapes. La recevabilité du dossier est d’abord examinée par les services de l’Etat, puis le dossier est soumis à une enquête publique. Enfin, les services de l’Etat se prononcent sur le fond du dossier et la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites formule un avis. Le Préfet prend sa décision au vu de l’ensemble de ces éléments.
• 1 700 entreprises et 15 000 emplois directs non délocalisables
Les 1 700 entreprises du secteur sont en très large majorité des PME. Leur chiffre d’affaires total atteignait 4 milliards d’euros en 2007. L’industrie des granulats emploie 15 000 personnes de manière directe. Les sites de production se situent généralement en milieu rural et sont conduits par de petites équipes (le plus souvent 5 à 10 personnes) qui assurent des fonctions de production mais aussi de prospection, de contrôle qualité, d’administration, de commercialisation et de réaménagement. Ces métiers sont donc variés : conducteur d’engins, technicien de laboratoire, mineur-boutefeu, mécanicien, chef de carrière, animateur environnement… Compte tenu du caractère pondéreux et peu onéreux des granulats, il n’est pas envisageable de délocaliser de tels emplois. Par ailleurs, pour un emploi direct dans l’industrie des granulats, on dénombre 4 emplois indirects chez les fournisseurs de biens et services, chez les professionnels du transport, et dans les activités de transformation qui consistent à utiliser les granulats comme matière première dans la fabrication d’autres matériaux de construction (béton prêt à l’emploi, produits en béton et enrobés).
• Une ressource financière pour les collectivités
La contribution de l’industrie des granulats aux ressources des collectivités locales est souvent conséquente. Les taxes directes versées par cette industrie profitent largement aux communes le plus souvent rurales, mais aussi aux départements et aux régions. Au titre de la fiscalité directe, l’industrie du granulat verse environ 6 000 euros par salarié. L’essentiel de ce montant (90 %) correspond à la taxe professionnelle qui est calculée sur la valeur locative des immobilisations. A cela s’ajoutent les taxes foncières. Certaines entreprises acquittent en outre des droits de fortage pour l’exploitation de terrains communaux.